De l’expertise pure et transparente

Suite à des partages familiaux, vous avez dans votre salon trois meubles, authentiques fauteuils art déco, qui, selon la légende familiale valent une petite fortune. Ils sont d’un beau cuir à peine usé, ils ont la patine des ans et le chic de la bourgeoisie de Libourne au temps du Président Auriol.

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Au total, vous avez près de 40 objets dont vous souhaitez vous séparer. Vous avez le choix : faire appel à un brocanteur qui s’extasiera sur deux tableaux d’amateur avant de vous proposer généreusement 400 euros pour le total, et il vous dira d’un ton amical qu’il ne vous compte pas les frais de transport.
Vous pouvez aussi vous adresser à Fabien Robaldo, qui représente l’étude Millon à Bordeaux. Et là, vous faites le bon choix. Vous subirez peut-être une révolution copernicienne s’il remet en question les affirmations familiales :  les fauteuils vrais art déco sont des copies des années 1970. Leur mise à prix ne doit pas dépasser 30 euros chacun.  En revanche, avec votre autorisation, il va fureter partout et dénicher dans une de vos commodes un collier qu’il authentifie tout de suite du Directoire, vous ne vous en doutiez pas, et il pense que ce fameux prix de départ peut être raisonnablement de 3 000 €. Et le jour de la vente, à l’hôtel Drouot, où siège l’étude Millon, à Paris, les enchères se clôtureront à 18 000 €. Pour ce qu’il n’avait pas pris,  vous avez suivi ses conseils et rappelé le brocanteur qui est revenu l’air chagrin vous donner 200 € et a dégagé votre salon de ce qui ne vous plaisait plus.

 

Une fois déduits les 22 % pris en commission juste et méritée par l’étude Millon, vous ne jurerez désormais que par le juste prix de la valeur du marché, soumis à la loi de l’Offre et de la Demande. On pourrait ainsi définir le marché : Ce sont des collectionneurs ayant le même goût, recherchant les mêmes choses, c’est eux, dans les faits, qui vont établir les prix. Il s’agit là d’un vrai marché, puisqu’une centaine de commissaires-priseurs sont installés à l’intérieur de l’Hôtel Drouot et arrivent à établir un prix juste, bénéfique. On le voit, par ce mécanisme très transparent, avec la rémunération à la commission des commissaires-priseurs, ceux-ci ne peuvent être accusés de vendre à des prix sous-évalués.  

Cette loi du marché devient de plus en plus précise et internationale.  Lors des ventes au marteau, il n’est pas rare de voir des clients potentiels en ligne avec leurs propres clients qui leur passent en temps réel des ordres d’acheter ou d’arrêter de surenchérir. Le taux de visibilité grâce à Internet est décuplé, centuplé.  

Dans ce métier, tout repose sur l’expérience, la réputation et le réseau. Et bien sûr, l’impressionnante culture artistique de l’expert qui vient chez vous, comme Fabien Robaldo parce qu’il saura discerner, anticiper, optimiser votre vente.

 

Le marché de l’art mondial, c’est 500 000 grands collectionneurs et 50 millions de Art Consumers. C’est un marché spéculatif. Qualitatif. Ce n’est pas la rareté qui fait le prix. Quant à la France, elle est un marché de collectionneurs. Même si, un jour, il y avait une autarcie forcée du marché, c’est-à-dire une rupture avec l’international, il arriverait toujours à fonctionner et à s’en sortir. Certes, une crise financière comme celle de 2008 peut faire du mal. Mais  si certaines spécialités baissent, d’autres voient alors leurs prix augmenter. D’autant plus que la plupart des clients vendeurs ne sont pas dans le besoin économique de le faire. Le marché de l’art se porte bien, et donc devrait continuer à bien se porter.